De gauche à droite:
Premier rang: Guy Régis Jr (dramaturge), Emmelie Prophète (romancière), Véronique Janzyk (romancière), Angela Boeres-Vettor, et Danièle Marche (poète),
Second rang: Antoine Wauters (poète, nouvelliste), Louis Mathoux (poète), Zilber Karevski (romancier) et Raphaël Miccoli (poète)
Du 10 au 28 août 2009, la 3e résidence d’auteurs du château du Pont d’Oye a accueilli 9 auteurs d’expression française - 7 auteurs sélectionnés par un jury de gens de lettres issus des régions et pays partenaires, dont France Bastia, Jacques De Decker, Jean-Luc Outers, Liliane Wouters, Armel Job, Claude Raucy pour la Communauté française de Belgique, Franz Bartelt, Elise Fisher pour la Lorraine française et Frank Wilhelm pour le Grand-Duché de Luxembourg, les 2 autres étant choisis par une délégation du WBI, Wallonie-Bruxelles International –9 auteurs, donc, à savoir :Véronique Janzyk (romancière), Louis Mathoux (poète), Raphaël Miccoli (poète), Antoine Wauters (poète, nouvelliste) pour la Belgique francophone, Zilber Karevski et Danièle Marche pour la Lorraine française et Angela Boeres-Vettor pour le Grand-Duché, rejoints par le dramaturge Guy Régir Jr et la romancière Emmelie Prophète, tous deux haïtiens.
Née d’une initiative du CRPO (Centre de Rencontre Château du Pont d’Oye) asbl, la résidence d’auteurs est financée par des bourses : laCommunauté française de Belgique octroie 4 bourses, la Région française de Lorraine (Conseil régional et Centre régional du livre de Lorraine) accorde 2 bourses, le Grand-Duché (ministère luxembourgeois de la Culture) 1 bourse, Wallonie-Bruxelles International 2bourses. La résidence d’auteurs n’existe donc que parle soutien financier des pouvoirs publicsmais aussi par leur volonté de promouvoirla création littéraire, surtout si celle-ci rencontre un public.
Cette 3e résidence fut en tous points une réussite. Une édition comme on en rêve.
Ses points forts :
- le site : sa charge historique, sa tradition littéraire, son environnement arboré
- la diversité géographique des auteurs
- la cohabitation des différents genres littéraires
- la communauté de vie qui n’empêche en rien l’isolement propice à la création tout en favorisant les échanges humains et intellectuels... qui se poursuivent bien au-delà des trois semaines de résidence (cette durée est d’ailleurs est une bonne jauge).
- la visite (spontanée, toujours amicale et tout aussi édifiante) de « personnalités », comme Amélie Nothomb, Emile Lansman, Françoise Lalande.
- les lectures publiques : celle que les auteurs organisent eux-mêmes et celle que fonde le travail de comédiens (en l’occurrence, il s’agit d’une performance, les comédiens ayant 48 heures pour s’approprier les textes et concevoir un spectacle alliant spontanéité et qualité). Cette journée, baptisée « fête littéraire », qui s’ouvre sur l’extérieur tout en impliquant les différentes mailles de la chaîne textuelle,permet de briser la vision « tour d’ivoire » ou le côté « confidentiel » de la résidence. Pour un texte, la voix haute est une caisse résonance. Pour un auteur, se faire entendre, être entendu ou lu est essentiel. Pour le public, cet accès à la lecture, la rencontre directe avec des auteurs et avec le livre (présence du Service du Livre luxembourgeois et de certains éditeurs) font partie de ces rendez-vous qui ne changent certes pas le monde mais qui changent un peu tout le monde.
- le concept même de la résidence du Pont d’Oye entaille la nébuleuse entourant le mot « résidence », mot galvaudé : d’aucuns parlent « d’arnaque à l’argent public » dès lors que l’organisateur reçoit l’argent et non pas l’auteur, pourtant il s’agit bien d’offrir intégralement un séjour de création à un auteur (soustrait de toutes contraintes domestiques) et non pas de générer un flot de « résidents professionnels », d’auteurs qui voient dans le système « résidence » une occasion de gagner rapidement/ agréablement de l’argent.
A noter encore que chaque résidence garde une trace sous forme d’anthologie et de DVD. Cette « trace » est distribuée/envoyée gratuitement auprès des bibliothèques, centres culturels, institutions etc.